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Informations sur le trouble état de stress post traumatique

1. Préambule terminologique

Nous entendons parler de plus en plus souvent de Trauma, de trouble traumatique, de stress, de névrose traumatique, d'état de stress post traumatique … Comment s'y retrouver ? Le trouble Etat de stress post traumatique ou TSPT s'apparente à la catégorie des troubles anxieux de l'humeur. Il est la dénomination récente de symptômes observés au cours de l'histoire avec les accidents de chemins de fer au début du siècle, la "névrose de guerre", "le choc des tranchées", "la traumato phobie"… Aujourd'hui, ce trouble est répertorié dans le DSM-III R, qui est le manuel diagnostique et statique des troubles mentaux. L'attention des praticiens, des urgentistes, des autorités, est attirée sur une pathologie qui s'avère fréquente dans une société où le risque d'accidents, d'agressions et de catastrophe est constant.

L'état de stress post traumatique est caractérisé par le développement de symptômes spécifiques faisant suite à un événement traumatique soudain où la personne a ressenti une menace vitale et une détresse extrême associée à un sentiment d'impuissance.

2. Critères diagnostiques

Après un temps de latence de quelques jours à quelques semaines peuvent apparaître les symptômes d'Etat de Stress post traumatique. Le DSMIII-R propose quatre critères :

  1. Avoir vécu un événement hors du commun
  2. Cet événement est constamment revécu par la personne
  3. Stratégies pour éviter les sensations et pensées associées au trauma et émoussement de la réactivité générale
  4. Hyperactivité neurovégétative persistante

A. Avoir vécu un événement hors du commun

Les deux éléments suivants sont présents :

  • La personne a été exposée, témoin ou confronté à un ou plusieurs événements qui ont impliqué la mort ou la menace de mort, de blessures graves ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d'autrui a pu être menacée.
  • La personne a eu une réaction de peur intense, un sentiment d'impuissance et d'horreur. Chez l'enfant cela peut se manifester par un comportement désorganisé ou agité.

B. Cet événement est constamment revécu par la personne

L'événement traumatique est revécu de façon persistante, d'une ou plusieurs façons comme en témoignent les symptômes suivants :

  • souvenirs répétitifs et envahissants de l'événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des sensations, des perceptions.
  • Rêves répétitifs et pénibles de l'événement.
  • Impression ou agissements soudains "comme si" le drame allait resurgir, incluant des "flash back" de l'événement sous forme s d'images ou d'hallucinations.
  • Sentiment intense de détresse psychique lors de l'exposition à des stimulations internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique
  • Réactivité physiologique lors de l'exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.

C. Stratégies pour éviter les sensations et pensées associées au trauma et émoussement de la réactivité générale

La personne évite des stimulations associées au traumatisme qui s'expriment par trois ou plus des manifestations suivantes :

  • efforts pour éviter les pensées, les conversations associés au trauma
  • efforts pour éviter les activités, les endroits, les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme
  • incapacité de se souvenir d'un aspect important du traumatisme
  • réduction nette de l'intérêt pour des activités importantes ou bien réduction de la participation à ces mêmes activités
  • sentiment de détachement ou de devenir étranger par rapport aux autres
  • restriction des affects, de la tendresse
  • sentiment que l'avenir est bouché, que la vie ne sera plus comme avant

D. Hyperactivité neurovégétative persistante

La présence d'au moins deux des symptômes suivants traduit s une hyperactivité neurovégétative, ne préexistant pas au trauma :

  • difficultés d'endormissement ou sommeil interrompu
  • irritabilité ou accès de colère
  • difficultés de concentration
  • hyper vigilance
  • réaction de sursaut exagérée.

La perturbation (symptômes B, C, D) dure plus d'un mois
La détresse est intense et entraîne une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.

Il faut spécifier si :

Aigu : si la durée des symptômes est de moins de 3 mois
Chronique : si la durée des symptômes est de 3 mois ou plus
Survenue différée : si les symptômes apparaissent 6 mois ou plus après le trauma

3. Evolution - Diagnostic différentiel

Les symptômes sont éprouvés durant ou immédiatement après le traumatisme. Ils persistent au moins deux jours et disparaissent dans les 4 semaines après l'événement. La sévérité, la durée, la proximité de l'exposition du sujet à l'événement, l'histoire de la personne, ses antécédents peuvent influencer le développement du trouble.

L'état de stress post traumatique peut survenir à tout age. La durée est variable avec une guérison complète survenant en trois mois dans environ la moitié des cas alors que de nombreux autres sujets ont des symptômes qui persistent encore longtemps après l'événement.

Tous les sujets exposés à un stress traumatique ne développent pas nécessairement ce trouble ... Certains symptômes d'évitement, d'émoussement affectif, d'hyper vigilance peuvent être présents avant l'exposition au facteur de stress. L'Etat de stress aigu se distingue de l'état de stress post traumatique par les symptômes qui doivent disparaître dans les 4 semaines après le traumatisme. Dans les troubles obsessionnelles compulsifs, il y a des pensées intrusives répétitives mais elles ne sont pas associées au vécu traumatique.

Les flash-back, les hallucinations qui peuvent survenir dans la schizophrénie et autres troubles psychotiques, les troubles induits par des substances doivent être distingué e s de ce qui est vécu ici.

4. Traitement

Travailler avec des personnes ayant vécu un événement traumatique c'est être au contact de la violence, de la méchanceté, de l'horreur commise par l'homme à un autre, souvent de façon délibérée. Il est important de redonner à la personne un contrôle et un contact avec la réalité, de normaliser ses réactions, d'écouter et de ne pas juger, de réinstaurer la confiance, de ne pas forcer à parler à tout prix, mais d'attendre le bon moment, de redonner à la personne du respect et de l'humanité.

Les psychothérapies brèves, comportementales et cognitives, la relaxation, permettent de verbaliser l'événement, l'abréaction du traumatisme et la reprise du contrôle. Les traitements par médicaments pour agir sur l'anxiété, l'insomnie et la dépression associée peuvent être indiqués.

Il est aussi important de prendre soin de la famille de la personne souffrant d'état de stress post traumatique, d'expliquer et de normaliser ces réactions face à un événement de vie anormale. Il est possible d'aller mieux et de transformer les conséquences de cet événement en quelque chose de constructif pour soi.

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Publié le: 2005-10-26 (6586 lectures)

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