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 News: Le GSP en mission dans le département du Var

GSPDu 3 au 7 novembre 2008, une équipe d’intervention du GSP, en collaboration avec d’autres équipes d’intervention  luxembourgeoises, a participé à un exercice d’envergure dans le département du Var au sud de la France.
Au total, huit groupes d’interventions européens  participaient à cet exercice, organisé par la protection civile française et cofinancé par l’Union Européenne.

Des circonstances inhabituelles
Exceptionnel ce départ du 3 novembre pour le groupe du GSP, du fait que pour la nouvelle voiture d’intervention du GSP ce jour présentait également le voyage inaugural.

De même, trajet inhabituel en car pour les hommes et femmes du groupe de la radio protection et du groupe de la cellule mobile d’intervention chimique de la protection civile, ainsi que pour les 14 sauveteurs de la protection civile belge.
Pluie persistante à la fin du voyage, surtout à partir de Draguignon lors des derniers 15km vers les montagnes.

Exceptionnel également les « Bidonvilles », nous servant comme habitation pendant les trois nuits suivantes. Nous étions privés de tout confort : dortoirs avec lits de camps, séparation entre hommes et femmes, les installations sanitaires se trouvaient à distance et accessibles uniquement en plein air, au froid et sous la pluie.


Inhabituel furent aussi les repas, servis dans une grande et impersonnelle cantine militaire avec de longues files d’attente (quelques 900 sauveteurs affamés). A midi on servait des quantités militaires, préparées individuellement à l’aide de bougies et à l’endroit même de l’exercice.

Situation inaccoutumée pour des luxembourgeois, cette vie de camp militaire à une altitude de 900 mètres, loin de surfaces commerciales, seuls et solitaires, sans bistros ni restaurants.

Ainsi, les neufs membres du GSP, Birscheidt Sylvie, Hannen Mady, Maret Katja, Regenwetter Martine, Arendt-Brosius Marie-Paule, Lopes Nelson, Gruber Tun,  Friedgen Patrick et Kraus Léon (en dernière minute Muller Paul n’a pas pu participer pour des raisons de maladie) pouvaient se concentrer pleinement sur les trois scénarios de catastrophes complexes.

Rien comme prévu
Lors du premier scenario quelques 400 spectateurs se trouvaient dans un cinéma, lorsqu’en raison d’un acte de revanche, des substances toxiques ont été dispersées.
Vu que les actions de sauvetages se passaient sous une pluie battante et un froid glacial, les acteurs non blessés fuyaient  tôt ou tard sous des abris réchauffants.
Ainsi, au sens propre du terme, le premier exercice est tombé à l’eau.
Le deuxième scénario de l’exercice suivait l’après-midi. A la fin de l’opération de sauvetage du matin, lors d’une forte explosion, un grand nombre de personnes faisant partie des services de secours furent blessés. Les évacués non blessés furent amenés au CARI (Centre d Accueil et de Recensement des Impliqués) et encadrés par la CUMP (Cellule Urgente Médico Psychologique) et le GSP.
En grande partie nous avons travaillé en binôme, lequel était à la fois composé de deux membres de l’un et de l’autre groupe (CMUP/GSP) et de sexe opposé.
Du point de vue linguistique cette méthode était avantageuse.

La première journée passée en revue
La conclusion et commune évaluation des deux groupes CUMP/GSP était la suivante :

*       Aspects négatifs :
         - Vagues objectifs de structures selon lesquels   
         on aurait  du travailler (accueil-renvoi des victimes).
         - Les acteurs ne savaient pas vraiment interpréter
         émotionnellement leurs rôles respectifs.
         - Un premier accueil à la salle d’attente ne donnait pas
         le résultat attendu.
         -  Les personnes installées au secrétariat avaient des
         problèmes à surveiller les entrées et les sorties.

*       Aspects positifs :
         - L’équipe luxembourgeoise présentait un réel soutien
         pour la CUMP.
         - Malgré les difficultés, le groupe du GSP restait calme.
         - 18 victimes (+ 6 personnes contaminées et mal
         orientées) ont été encadrées sans problèmes majeurs,
         4 personnes furent transportées à l’hôpital présentant
         des symptômes traumatiques.

*       Différents aspects :
         - Interprétation différente des collègues de la CUMP par
         rapport au GSP quant au besoin réel des victimes
         (chaleur) et les couvertures y relatives. Ainsi, nous
         avons distribué nos couvertures et des boissons
         chaudes aux victimes qui se trouvaient en slip devant
         nous, tandis que pour nos collègues français cette
         nécessité n’était pas primordiale.

Notamment cet exemple démontre clairement les différentes approches :
            CUMP : intervention médicale et psychologique
                GSP : aide psychosociale

- Lors de l’encadrement, des aides de secours du SAMU envahissaient le CARI (centre d’Accueil et de recensement des Impliqués) sans grand intérêt pour le travail d’encadrement, et enlevaient 6 blessés qui avaient été mal orientés.

Le GSP considérait cet acte comme accablant pour trois raisons :
a) les entretiens en cours furent interrompus entraînant une réelle incertitude ainsi qu’un sentiment d’insécurité,
b) les blessés mal orientés s’étonnaient de leur brusque départ,
c) les restants étaient anxieux et commençaient à se demander si eux aussi ne furent pas exposés à une irradiation excessive.

Ainsi, le GSP réclamait une évacuation discrète, adaptée, bien préparée et informative.
Pour le CUMP par contre, l’aspect médical était absolument primordial.
Il fallait emmener en vitesse et sans perte de temps à un endroit adapté des personnes contaminées.

Scénario et « lessons » de la 2ème journée

Le scénario du deuxième jour prévoyait 600 athlètes dans un stade militaire quand un avion pulvérisait fictivement un liquide au-dessus du terrain.
Premier et défi primordial pour les aides de secours était d’amener ces sportifs dans les différentes structures de décontamination. Les unités luxembourgeoises du GRP (Groupe de Radio Protection) et du CMIC (Cellule Mobile d’intervention Chimique) étaient également présents sur les lieux.
Finalement, à la fin de la chaîne de secours, le CARI fut instauré, où sous la direction de la CUMP 83 et avec l’aide luxembourgeoise le soutien psychosocial fut organisé.

Lors d’un briefing concernant le déroulement de cette journée, les deux groupes se mettaient d’accord sur la stratégie de l’intervention :

- Les victimes seront installées dans une salle d’attente. 2 membres du GSP assureront leurs besoins primaires et observeront les arrivants sous le « screening » psychologique : déréalisation  et  dépersonnalisation.
- Dans un secrétariat, les noms et les  prénoms des concernés seront saisis et ils auront un numéro de brassard.
- Les victimes présentant des symptômes légers de stress seront emmenées vers une pièce où ils seront encadrés par deux membres du GSP qui vont les stabiliser et leur donner des informations
  concernant le déroulement des heures à suivre.
- Les victimes souffrant de graves problèmes psychiques seront conduites vers une autre pièce où ils pourront profiter d’un entretien individuel. Une fiche sera remplie, indiquant leurs symptômes de stress.
  En cas de réaction majeure, c’est le psychiatre qui décide si la victime aura besoin d’un traitement médicamenteux ou si elle sera hospitalisée.
- Les victimes qui sortent du CARI devront signaler au secrétariat où ils vont se rendre.
- Chaque sortant du CARI recevra une fiche d’information CUMP.
- Des couvertures seront à disposition pour le prochain 
  exercice.

Comme la veille, Patrick, en tant que « main courante » notait toutes les démarches et décisions prises par les membres du GSP.

Lors d’une discussion finale, cet exercice fut également évalué :

*       Aspects négatifs :
         - Aucune mésentente, aucune omission.

*       Aspects positifs :
         - Encadrement optimal des deux groupes par travail en
         binôme. Accueil de 35 (+6) personnes concernées. Lors
         de ce scénario 6 adolescents ont été transportés vers le
         CARI, qui pourtant étaient destinés au PMA. 
         Des 35 personnes concernées, 2 victimes indemnes
         présentaient cependant des troubles post traumatiques 
         et le psychiatre présent sur place a décidé de les faire
         hospitaliser.
         - A l’aide d’une « liste de symptômes », les membres
         du GSP arrivaient à faire le « screening » psychologique
         lors d’entretiens individuel, ceci en présence du médecin
         responsable.
         - Excellente collaboration avec la Gendarmerie française,
         des agents sympathiques, qui assuraient une
         sécurisation parfaite du CARI.

Ainsi les objectifs prévus furent atteints.

*       Expériences intéressantes : 
         - Notre système GSP/SAI  nous permet d’encadrer une
         personne/une famille du début à la fin avec une seule
         personne de référence.
         - Au secrétariat GSP/SAI la victime est enregistrée non
         pas à l’aide d’un bracelet à numéro, mais avec un
         badge où figure le nom du concerné.
         - Selon le GSP, la salle d’attente installée avec grand
         soin n’a guère servi.
         - Gratitude envers la « main courante » où chaque
         incident et décision a été enregistrée. En conclusion,
         seul le secrétariat est un élément absolument important
         dans une structure d’encadrement où plus de 4
         secouristes travaillent.
         - En tant que dispositif médico-psychologique lors d’une
         situation de sinistre majeur, la CUMP est dépendante du
         CARI. En principe, le CARI est assuré par la
         Croix-Rouge qui elle résout tous les problèmes 
         logistiques et dirige le secrétariat. Lors de cet exercice,
         le CARI n’a finalement  jamais été activé.
         - En principe, la CUMP ne travaille pas seulement au
         CARI, mais bien avant, c’est à dire déjà sur le lieu de
         l’évènement même, comme élément du PMA/SAMU.
         Les 3 exercices ont prouvé au CUMP/GSP que c’était
         une faute fatale de ne pas être présent auprès de la
         structure PMA.
         - Autre expérience intéressante : le bracelet « 
            code- barres »
testé par les services de secours
         français. 
         Au moyen de ce système tous les blessés ainsi que
         toutes les victimes indemnes auront aussi vite que
         possible un bracelet  avec un chiffre individuel.
         A différents endroits, un laser -au début et à la fin de
         chaque structure d’évacuation- enregistre le chiffre du
         bracelet par un numéro individuel, afin de superviser et
         de garantir que tous les patients et victimes atteignent
         la fin de la chaîne de secours. Toutefois ce système
         d’enregistrement et de contrôle est très fragile et très
         récent. En effet, le système ne permet pas d’enregistrer
         les noms. 
         - Dernière conclusion : les membres du GSP devraient
         absolument suivre une formation supplémentaire en
         matière de radioprotection.

Plusieurs aspects sont à considérer :
A) Quels seront les scénarios possibles ?
B) Où et comment devons nous faire attention à notre propre protection ?
C) Quelles connaissances de base en matière de radioprotection  sont nécessaires pour nos encadrements ?




EUTACK : un exercice européen

Des services de secours originaires de 8 pays différents (France, Allemagne, Belgique, Italie, Portugal, République tchèque, Suède et Luxembourg) se sont rassemblés dans le Var pour échanger d’importantes expériences.
CUMP et GSP ont pu constater que même différents systèmes d’interventions peuvent très bien se compléter et qu’une collaboration au niveau européen est tout à fait intéressante et enrichissante.

Aussi, l’échange avec d’autres experts internationaux était très instructif pour tous les membres du GSP et ainsi différents contacts européens ont pu se nouer.
Le travail du GSP a été reconnu dans un contexte international, vu que lors de cet exercice dans le VAR 2008 le soutien psychosocial a été intégré pour la première fois officiellement.

La présence, le vif intérêt ainsi que le soutien permanent de l’équipe GSP lors de l’intervention, fut pour les membres du GSP une reconnaissance particulière. Un grand merci  à Monsieur Pol Schroeder (Délégué du Ministère d’Intérieur), Monsieur Michel Feider (Directeur ASS) et particulièrement à Monsieur Guy Bley (Chef de Division Protection Civile).
Il va sans dire que ce « monde d’intervention » ne serait pas le même sans nos trois « officiers »  Carlo Birscheidt, Dan Bellardi et Jos Sinner. Remerciements également au Dr Daniel Raucoules, chef de la CUMP 83 (Var), qui avait délégué la gestion de l’exercice à son jeune collègue Dr Philippe Fonfrede et ses 4 collaborateurs.
Très sympathique coopération et échange pour les membres du GSP avec Dr Eva-Maria Grosse, chef de la CUMP 13 (Marseille), avec laquelle nous avons également pu travailler ensemble pendant les deux premières interventions.
Engagement total envers le groupe en général de la part du lieutenant Virginie Leguevaque, « officier de liaison ». Pour tous les problèmes organisateurs elle nous a trouvé une solution. De même, elle se plaisait de participer à  notre vie en commun.

Le bilan

Le fait de renoncer à tout  confort a permis aux participants du GSP de se rapprocher et nous a prouvé que nous étions quand même capables d’exister et d’agir. Si toutefois au début de cet exercice quelques-uns entre nous ont senti une certaine appréhension, à la fin nous étions tous d’accord sur le fait que notre système de grande envergure GSP/SAI permet un soutien psychosocial optimal.
De façon indirecte, Dr Raucoules semblait nous confirmer cette opinion dans son discours final : « Ce serait intéressant pour nous de participer à un exercice au Grand-Duché et de devoir travailler sous la direction luxembourgeoise afin de pouvoir acquérir des expériences intéressantes et pratiques ».

Vous trouvez des photos de cet exercice dans la Galerie !

                        Texte original : Léon Kraus, chef adj. GSP
Traduction française : Isabelle Decker



 
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